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Copropriétés

Entretenir les tomettes d'une copropriété ancienne du Vieux-Nice

Une tomette abîmée ne se rattrape pas. Dans le Vieux-Nice, à Riquier ou dans le bas de Gambetta, nous reprenons régulièrement des halls dont les sols d'origine ont été décolorés en quelques mois par un produit inadapté — et la remise en état coûte alors plusieurs années de contrat d'entretien.

Publié le 12 mars 2026 · 6 min de lecture · Azuréo, Nice

Fenêtre en bout de cage d'escalier éclairant les marches d'un immeuble ancien

Trois matériaux, trois sensibilités

La terre cuite est poreuse et boit tout ce qu'on lui donne. Non protégée, elle absorbe l'eau de lavage, les tensioactifs et les pigments. Un nettoyant alcalin standard attaque en quelques mois la patine de surface et fait apparaître des plaques claires irrégulières, particulièrement visibles dans les zones de passage. Les joints, souvent au mortier de chaux, se délitent en parallèle.

La pierre calcaire — marches, seuils, dallages de hall — est sensible aux acides. Un détartrant sanitaire renversé ou mal rincé y laisse une marque mate définitive : la surface est chimiquement dissoute, aucun polissage courant ne la restaure. C'est l'accident le plus fréquent, et il survient presque toujours lors du nettoyage des sanitaires ou du local poubelles adjacent.

La mosaïque et le marbre des halls plus tardifs, notamment à Cimiez et dans le bas de la rue de France, cumulent les deux fragilités : le marbre est calcaire donc acide-sensible, et les joints de mosaïque sont poreux. À cela s'ajoute le risque mécanique : une monobrosse à disque abrasif raye durablement un marbre poli.

Ce qu'il faut utiliser, ce qu'il faut bannir

L'entretien courant se fait au détergent neutre, dilué, avec un rinçage soigné. La quantité d'eau compte autant que le produit : une tomette poreuse détrempée met des heures à sécher et remonte des sels en surface en séchant, ce qui produit un voile blanc que l'on confond souvent avec un défaut de produit. La méthode à la frange humide, essorée, est préférable au lavage à grande eau.

  • À utiliser — détergent neutre dilué, franges microfibres essorées, savon noir dilué pour un entretien ponctuel, cire de saturation pour une remise en état par un applicateur spécialisé.
  • À proscrire — eau de Javel et dérivés chlorés, détartrants et anticalcaires acides, décapants alcalins, monobrosse à disque abrasif, nettoyeur haute pression.
  • À surveiller — les produits « multi-usages parfumés » de grande distribution, souvent alcalins sans que l'étiquette le mentionne clairement.
Jeu de lumière sur un sol en tomettes de terre cuite, intérieur épuré
Lumière sur un sol en terre cuite

Le cas particulier des escaliers sans point d'eau

Dans un immeuble de cinq niveaux sans ascenseur et sans arrivée d'eau au-dessus du premier étage, la méthode traditionnelle consiste à remplir un seau en bas et à laver en descendant. Le résultat est mauvais et le sol y perd : l'eau se charge à chaque volée et redépose la saleté sur les marches déjà traitées, avec un excès d'humidité sur la terre cuite.

La réponse est la frange pré-imprégnée à usage unique : les franges sont humidifiées au dosage exact en bas de l'immeuble, une par volée, et changées à chaque niveau. On ne monte plus d'eau, on ne redescend plus de saleté, et la quantité d'humidité déposée est constante et maîtrisée. C'est plus coûteux en consommables et nettement moins coûteux en dégradation du sol.

Ce que le syndic devrait exiger au contrat

Trois mentions suffisent à protéger la copropriété. D'abord la liste nominative des produits utilisés par type de sol, avec les fiches techniques annexées. Ensuite l'interdiction explicite des familles de produits proscrites, formulée noir sur blanc plutôt que laissée à l'appréciation de l'agent. Enfin l'engagement de signalement écrit de tout désordre constaté sur les sols, daté.

Ces clauses ne coûtent rien à ajouter et déplacent la charge de la preuve. En leur absence, une copropriété qui découvre après deux ans que ses tomettes sont irrémédiablement décolorées n'a aucun moyen d'établir la responsabilité du prestataire — et c'est l'assemblée générale qui finance la réfection.

Rédigé par l'équipe d'exploitation Azuréo
Nos articles sortent de sites réels que nous entretenons dans les Alpes-Maritimes. Les chiffres cités proviennent de nos propres relevés, pas de moyennes nationales.

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